Énergie – Matières premièresEurope
À 90 euros, le gaz européen atteint un plus haut depuis deux ans et menace les prix de l'électricité
Le prix du gaz naturel européen continue de s’apprécier et se stabilise autour de 90 euros. Les prix n’avaient jamais atteint un tel seuil depuis deux ans.

La combinaison de plusieurs facteurs externes explique ce niveau :
- Le conflit au Moyen-Orient a amputé les exportations mondiales de GNL de près d’un cinquième, laissant les stocks européens à un niveau exceptionnellement bas.
- De plus, la concurrence entre l’Europe et l’Asie est rude : chaque continent cherche à attirer les méthaniers vers ses ports, et le prix constitue un argument décisif. Celui qui est prêt à payer le plus cher sera avantagé pour la fourniture de GNL.
- Par ailleurs, les approvisionnements par gazoduc en provenance de Norvège restent inférieurs à leur capacité en raison de pannes.
À cette somme de problématiques vient s’ajouter le mécanisme du marché de l’électricité, régi par la règle du coût marginal (ou merit order). Les centrales de production sont appelées de la plus économique à la plus chère pour répondre à la demande instantanée : le solaire et l’éolien en premier, car leur coût marginal est proche de zéro, suivis du nucléaire, puis du charbon et enfin du gaz. C’est la dernière centrale appelée, la plus chère, devant être activée pour équilibrer l’offre et la demande, qui fixe le prix unique payé à l’ensemble des producteurs pour une heure donnée.
Le marché européen de l’électricité est donc vulnérable aux prix du gaz, surtout en hiver lorsque la consommation augmente. La réponse de la Commission européenne se fait dès lors attendre.
Sources : Trading Economics