Choc des civilisations et ingérences : la bataille d'influence autour de la France
À l’approche de l’élection présidentielle française, les enjeux sont multiples. La guerre en Ukraine se poursuit, faute d’envisager un accord satisfaisant pour les différentes parties prenantes au conflit. De l’autre côté de l’Atlantique, le camp conservateur, sous pression à l’approche des élections de mi-mandat (midterms), cherche à promouvoir la lutte civilisationnelle au sens de Samuel Huntington. Le « choc des civilisations » est ainsi présenté comme un horizon indépassable, auquel l’Europe serait soumise.
Les manifestations qui ont eu lieu en France, ayant pris racines dans le mouvement lycéen, ont servi de prétexte à cette lutte informationnelle et d’influence politique.
Donald Trump a ainsi déclaré : « La France est en feu […] L’immigration de personnes issues d’un monde totalement différent, des personnes animées par la haine, a détruit ce pays autrefois si grand […] Fermez vos frontières et reprenez le contrôle avant qu’il ne soit trop tard ».
Le vice-président J.D. Vance, sur la même ligne, a ajouté : « Les progressistes occidentaux ont importé le tiers-monde en France et dans d’autres pays au nom de la diversité et de la compassion. Ils ont négligé les questions fondamentales d’assimilation et de compatibilité. On leur a dit que cela finirait ainsi, mais ils n’ont pas écouté […] Je prie pour que la France, un beau pays à la population merveilleuse, mette fin à cette folie avant que d’autres monuments ne brûlent ».
Kremlin, l’envoyé spécial de Vladimir Poutine, Kirill Dmitriev dans une reprise quasi mot pour mot des propos tenus par des figures américaines, a quant à lui évoqué un « suicide de la civilisation occidentale à cause du chaos migratoire ».
Cette confrontation idéologique et informationnelle est cristallisée par des ingérences toujours plus nombreuses sur le continent européen. La Roumanie se remet ainsi des événements du 6 décembre 2024, date de l’annulation de l’élection présidentielle roumaine par la Cour constitutionnelle, consécutive à la déclassification de documents pointant des irrégularités électorales et des ingérences étrangères (notamment via la plateforme TikTok).
En France, une ombre plane : celle d’une possible synchronisation entre groupuscules identitaires et conservateurs.
Dans un rapport publié le mercredi 21 octobre, l’ONG de lutte contre la désinformation en ligne Alliance 4 Europe montre que sur 550 000 publications analysées sur les réseaux sociaux et les sites d’information, seulement 3 % des contenus en langue française attribuent la responsabilité des troubles aux migrants ou à l’islam. En revanche, cette proportion atteint 19 % en anglais et 7,6 % en russe.
Sources : Le Grand Continent · Le Grand Continent