Euro numérique : Christine Lagarde défend un projet de souveraineté financière
Les 16 et 17 octobre dernier, le FMI a tenu la 54ème réunion du Comité Monétaire et Financier International à Bangkok. Cette réunion avait pour but d’examiner la situation économique et financière mondiale ainsi que les travaux du FMI.
Durant cette réunion, Christine Lagarde a réaffirmé à plusieurs reprises son soutien au développement de l’euro numérique. Ce projet entériné par la BCE depuis 2020 a pour objet la création d’une monnaie fiduciaire intégralement numérique qui fonctionnerait comme un portefeuille numérique sans intérêts et pourrait être utilisée par les particuliers, mais également par les professionnels.
Les propos de la présidente de la BCE ont rappelé toutefois l’importance de l’adoption d’un règlement européen pour mettre en place l’euro numérique. Pour l’instant, des négociations sont en cours entre le Parlement européen et le Conseil de l’UE depuis que la Commission des Affaires Économiques et Monétaires a adopté sa position favorable à 43 voix contre 14 au texte encadrant l’euro digital le 23 juin dernier. Ce projet qui permettrait la création d’une monnaie alternative à la monnaie de banque classique, serait un moyen sur le long terme d’affirmer pour l’Europe sa souveraineté financière à l’échelle mondiale face aux réseaux bancaires majoritairement américains de plus en plus importants. En effet, près de deux tiers des transactions par carte dans la zone euro sont traitées aujourd’hui par des réseaux bancaires internationaux. Ce projet a pour ambition de se développer progressivement. Depuis 2023, une phase de test est en cours afin de préparer les aspects techniques nécessaires au lancement concret de ce nouveau mode de paiement, mais aussi de sélectionner les acteurs qui participeront à ce marché.
Toutefois, ce projet ne fait pas l’unanimité au sein des parlements nationaux et de l’opinion publique. Les principales inquiétudes concernent les risques d’atteinte à la vie privée, notamment le fait que les transactions effectuées avec cette monnaie pourront être tracées par les autorités politiques et la BCE. Les opposants redoutent également les risques de piratage et de fuite de données liés à l’utilisation d’une blockchain publique. Enfin, la question d’une possible désintermédiation bancaire suscite elle aussi des préoccupations