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Économie – IndustrieEurope

Supercalculateurs et IA : le renouveau stratégique de Bull sous pavillon français

Panneau Bull « Master your AI destiny » sur un salon professionnel

Le 2 octobre 2026, Bull a inauguré son nouveau bâtiment de production à Angers. Il s’agit d’une implantation locale stratégique pour cet acteur du calcul haute performance (HPC), de l’intelligence artificielle et de l’informatique quantique, qui abrite désormais la seule usine de supercalculateurs d’Europe.

Entre enjeux nationaux et souveraineté européenne, le capital de la société a été acquis à 100 % par l’État en juillet 2025. Le vendeur, Atos, faisait alors face à de graves difficultés financières, causées notamment par une trop forte dette ayant compromis l’équilibre de ce groupe pourtant leader dans les domaines de la cybersécurité et de l’informatique. Par ce rachat, l’État poursuivait un double objectif : politique d’abord, en soutenant un groupe technologique à forte valeur ajoutée ; stratégique ensuite, en empêchant que ses 1 600 brevets et sa capacité industrielle ne soient acquis par des acteurs étrangers.

Avec un chiffre d’affaires de 720 millions d’euros en 2025 et plus de 3 000 professionnels et experts dont la moitié basée en France, Bull se positionne comme un challenger solide dans des domaines de pointe nécessitant une recherche et un développement coûteux.

Le déploiement d’une importante puissance de calcul étant indispensable à l’entraînement des modèles d’IA, Bull jouit aujourd’hui d’une véritable reconnaissance européenne.

En effet, le 31 août dernier, l’entreprise a annoncé avoir remporté un contrat auprès de l’entreprise commune EuroHPC (EuroHPC JU) et du consortium LUMI AI Factory pour fournir LUMI-AI, un supercalculateur dédié à l’intelligence artificielle. La valeur du contrat s’élève à 387,8 millions d’euros. Son financement est assuré à 50 % par EuroHPC JU (dont une partie est issue de l’initiative Digital Europe Programme) et à 50 % par le consortium LUMI AIF, qui réunit plusieurs États européens (Danemark, Estonie, Finlande, Norvège, Pologne et République tchèque).

Bull s’est ainsi vu attribuer un contrat majeur au sein d’une infrastructure industrielle de premier plan, aux côtés d’acteurs comme AMD, IBM ou encore Nokia.

Si la dynamique est positive, la question de la structure du capital reste cependant légitime. Pour une entreprise totalement détenue par l’État français, la gouvernance et les objectifs publics peuvent entrer en tension avec les impératifs de rentabilité nécessaires pour asseoir Bull comme un acteur mondial incontournable face à la concurrence américaine, chinoise, voire européenne.

Sources : Bull · Bpifrance · L’Usine Nouvelle

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