Défense et espace : l'Europe prépare son bouclier spatial
Une dynamique industrielle européenne spatiale en plein essor
Le commissaire européen à la Défense et à l’Espace, Andrius Kubilius, porte depuis plusieurs mois le projet de “bouclier spatial européen”, une communication conjointe avec la Haute Représentante Kaja Kallas étant attendue prochainement. L’objectif est de combler un vide identifié par Kubilius lui-même, en cas de crise, les commandements spatiaux nationaux peuvent mobiliser rapidement leurs propres moyens, mais aucun processus ne permet aujourd’hui de mobiliser les moyens spatiaux européens pour une défense commune.
Le projet prévoit un cadre de coordination (et non un commandement unique se substituant aux structures nationales), la mise en commun des capacités nationales avec les capacités européennes existantes (GOVSATCOM, Galileo PRS, IRIS²), ainsi que des satellites patrouilleurs-inspecteurs pour la surveillance et la protection des actifs en orbite face au brouillage, au leurrage et aux manœuvres hostiles. Une mise en œuvre est visée dès 2027, dans le cadre d’une enveloppe combinée défense-sécurité-spatial de 131 milliards d’euros annoncée pour 2028-2034.
Également, des discussions sont en cours cette semaine entre les industriels de la défense et Andrius Kubilius autour de la préférence européenne dans les achats militaires. Le commissaire plaide depuis plusieurs mois pour un marché unique de la défense et pour que l’Europe “dépense mieux, dépense plus et dépense européen”.
En parallèle, l’Allemagne, dans une recherche d’autonomie stratégique, continue à augmenter sa capacité de défense. Après avoir déclaré la capacité opérationnelle initiale de son système antimissile exoatmosphérique Arrow 3, financé et produit conjointement par les États-Unis et Israël, fin 2025, Berlin envisage désormais l’acquisition de l’Arrow 4 pour renforcer sa défense face aux missiles hypersoniques, dans la continuité de son engagement dans l’European Sky Shield Initiative.
Dans un contexte de forte compétition dans l’industrie et de la récente introduction en bourse de SpaceX, le rapprochement des activités satellites d’Airbus, Thales et Leonardo continue son parcours réglementaire. L’objectif est une entreprise commune intégrée capable de concevoir, produire et gérer l’ensemble des systèmes spatiaux, avec une mise en service visée en 2027 sous réserve du feu vert de la Commission européenne.
Sources : La Lettre · Carnets de l’économie · i24NEWS