Pourquoi les capitaux américains financent-ils la tech et la défense européennes ?
La part des capitaux américains passe d’environ 17 % en 2020 à 47 % en 2026 dans le financement des start-up de défense européennes, selon le rapport de Dealroom.co et Resilience Media.
Cette hausse s’explique d’abord par Helsing (licorne de l’IA de défense qui a levé des centaines de millions d’euros auprès de fonds américains) et Quantum Systems (spécialiste des drones de reconnaissance utilisés en Ukraine, soutenu par des investisseurs américains comme Peter Thiel).
L’implication d’investisseurs de private equity comme Blackstone, Goldman Sachs, Thrive Capital ou General Catalyst montre la faiblesse de l’architecture du capital européen pour financer la croissance d’entreprises nécessitant beaucoup de capital, une forte R&D et une infrastructure industrielle.
Cette dynamique s’explique par plusieurs facteurs :
D’abord, les investisseurs européens ont été freinés par les critères ESG, le capital-risque restant bloqué par une industrie assimilée au tabac ou aux jeux d’argent.
Les investisseurs européens savent financer l’amorçage, mais dès que les sommes atteignent des centaines de millions pour financer la croissance ou des acquisitions, les fonds européens ne suffisent plus.
L’écosystème européen favorise les fonds américains qui bénéficient de capitaux privés et publics via l’épargne des fonds de pension. De plus, les entreprises européennes sont valorisées deux fois moins qu’aux États-Unis, malgré le grand savoir-faire des ingénieurs du Vieux Continent.
Cependant, cette impulsion pose question à travers une double menace pour la base industrielle européenne :
Le capital privé cherche à sortir de ses investissements à horizon 8 à 10 ans maximum, poussant les entreprises à viser le court ou moyen terme plutôt que de grands projets coûteux nécessaires aux pays européens. Sans pilotage public, la question se pose.
Les fonds américains ont des relations privilégiées avec Washington et peuvent créer des dépendances technologiques envers les États-Unis pour des entreprises clés de la souveraineté militaire européenne.
Sources : Dealroom