Trêve commerciale Pékin-Washington : l'IA, nouveau levier d'influence
L’extension jusqu’au 10 janvier de la trêve commerciale conclue entre Pékin et Washington lors du sommet Trump-Xi du 24 septembre s’explique par la convergence de contraintes internes en Chine et de l’échéance électorale américaine.
Pour la Chine l’urgence est intérieure. L’armée traverse une purge qui dure depuis 2023 et qui a atteint un pic en janvier 2026, avec la chute de Zhang Youxia, numéro deux de l’Armée populaire de libération. Selon le CSIS, 41 des 47 généraux nommés depuis 2022 ont été écartés, un mouvement qui a aussi désorganisé plusieurs programmes d’armement. Sur le plan économique, la croissance ralentit (4,6 % attendus en 2026), le chômage des jeunes diplômés reste élevé et l’immobilier ne s’est toujours pas redressé. Pékin compense par les exportations, dont l’excédent a atteint un record en 2025 signe, aussi, que la demande intérieure ne suit pas. Dans ce contexte, une confrontation commerciale totale serait une erreur politique.
Du côté de la maison blanche, la temporisation répond à un autre calcul : éviter un choc inflationniste avant les élections de mi-mandat de novembre 2026. La fermeté reste de mise dans le discours, mais la gestion effective vise à contenir l’escalade.
Au-delà du commerce, cette rencontre cristallise la guerre d’influence technologique, avec l’intelligence artificielle comme principal levier de puissance :
En diffusant des modèles performants en open weight ou open source (à l’image de Qwen d’Alibaba ou de DeepSeek), Pékin vient directement concurrencer les offres propriétaires occidentales. Cette approche s’impose comme un véritable levier d’influence auprès des marchés émergents.
En invoquant des impératifs de sécurité de l’IA (safety), les géants de la Silicon Valley militent pour un encadrement réglementaire strict. La rigidité de ce cadre risque d’ériger des barrières à l’entrée protectrices pour les acteurs préétablis, au détriment du libre développement des technologies concurrentes.