Zone euro : une inflation à 3,8 % qui ravive le spectre de la stagflation
L’inflation dans la zone euro s’est établie à 3,8 % en septembre 2026, deuxième taux d’inflation le plus haut en 3 ans. Les tensions au Moyen-Orient ainsi que la guerre en Iran entamée par les États-Unis mettent sous pression une zone euro qui n’arrive plus à trouver de relais de croissance. Conséquence directe à cela, la BCE a décidé de relever ses taux en septembre, alors que l’économie aurait besoin de capitaux pour financer une industrie au point mort, des retards technologiques majeurs et des besoins en infrastructures essentiels.
La Deutsche Bank prévoit désormais une hausse de 25 points de base en décembre, après celle attendue en septembre. La banque allemande estime que les pressions inflationnistes liées à l’énergie pourraient persister plus longtemps que prévu.
L’économie de la zone euro a progressé de 0,6 % au T2 2026, révisée à la hausse par rapport aux estimations initiales de 0,4 %, selon les données finales d’Eurostat. Cela a marqué la plus forte croissance trimestrielle depuis le T2 2022, principalement grâce à une révision à la hausse du PIB de l’Irlande, qui a bondi de 10,2 % après avoir chuté de 7,8 % au T1. La croissance de l’Allemagne a également été révisée à la hausse, passant de 0,2 % à 0,3 %, tandis que celle de la France a été abaissée à 0,0 % contre 0,2 %. L’Espagne a une fois de plus mené les grandes économies du bloc, avec des données préliminaires montrant une croissance de 0,7 %.
Soutenu par les résultats des grandes entreprises technologiques américaines attirées par un cadre fiscal avantageux, le PIB irlandais dynamise la croissance européenne, aux côtés de l’Espagne qui est marquée par l’annonce récente d’élections anticipées. Cette dynamique dissimule une vulnérabilité sous-jacente : le risque de récession en 2026 s’intensifie, accentué par une inflation importée issue des coûts énergétiques. Dans un contexte où les grands blocs concurrents accroissent massivement leurs investissements, l’année 2026 s’annonce particulièrement éprouvante pour la stabilité économique de l’Union européenne.
Cette conjonction de facteurs fait monter de facto les rendements des obligations d’État alors même que l’État français va émettre plus de 340 milliards de dette en 2027.
Sources : Trading Economics